Vous avez accouché il y a quelques semaines, quelques mois, peut-être plus d'un an. Et le désir est absent. Pas diminué, vraiment absent.
Vous regardez votre partenaire et vous l'aimez, mais quelque chose ne répond plus.
Je veux vous dire une chose avant tout : ce n'est pas vous. Ce n'est pas votre couple. Et ce n'est pas définitif.
Ce qui se passe dans votre corps
Après l'accouchement, votre corps traverse une des transitions hormonales les plus brutales qu'il soit possible de vivre. Les oestrogènes et la progestérone, qui étaient au plus haut pendant la grossesse, s'effondrent en quelques jours. La prolactine, hormone de l'allaitement, prend le relais et inhibe naturellement la libido ; c'est un mécanisme physiologique, pas un dysfonctionnement.
À cela s'ajoute la fatigue profonde, le corps qui change, le cerveau entièrement mobilisé par un nouveau-né. Le désir n'a tout simplement plus de place pour émerger.
En quinze ans de pratique en sexothérapie, j'ai accompagné des dizaines de femmes qui pensaient que quelque chose s'était "cassé" après leur accouchement. Dans la grande majorité des cas, rien n'était cassé. Quelque chose était en veille.
Quand le désir revient-il ?
Il n'existe pas de délai universel. Certaines femmes retrouvent une appétence sexuelle à trois mois, d'autres à dix-huit mois, d'autres encore ont besoin d'un accompagnement spécifique.
Ce qui ralentit le retour du désir :
L'allaitement prolongé maintient la prolactine élevée et les œstrogènes bas, ce qui peut provoquer une sécheresse vaginale et une baisse de sensibilité. Ce n'est pas une raison d'arrêter d'allaiter, mais c'est une explication importante à avoir.
Le manque de sommeil chronique épuise littéralement les ressources hormonales. Le désir est un luxe biologique ! Il apparaît quand le corps se sent en sécurité, pas en survie.
La relation à son corps après la grossesse joue un rôle majeur. Beaucoup de femmes ne se reconnaissent plus, ne se sentent plus "désirables", ce qui coupe le lien avec leur propre sensualité avant même que celle de leur partenaire entre en jeu.
Ce qui peut aider
La première chose, la plus importante, est de nommer ce qui se passe. Pas comme un problème à résoudre, mais comme une réalité à accueillir. Votre corps n'est pas en panne. Il est en transition.
Ensuite, travailler sur la reconnexion à soi plutôt que sur la performance. Ce n'est pas "reprendre les rapports" qui va relancer le désir. C'est retrouver le chemin vers ses propres sensations, en dehors de toute attente.
L'hypnose thérapeutique peut jouer un rôle précieux à ce stade. Pas pour "programmer" le désir, mais pour accéder à des niveaux de détente suffisamment profonds pour que le corps se rappelle qu'il peut ressentir autre chose que la fatigue et la vigilance maternelle.
Quand consulter
Si la baisse de désir s'accompagne d'une tristesse persistante, d'un sentiment d'être déconnectée de tout — pas seulement du désir sexuel — il est important d'en parler à votre médecin. Une dépression post-partum peut se manifester de cette façon.
Si c'est uniquement le désir qui est absent, sans autre symptôme, un accompagnement en sexothérapie peut vous aider à rouvrir ce chemin à votre rythme, sans pression, sans performance.
Vous n'avez pas à attendre que ça revienne tout seul. Vous pouvez choisir d'aller chercher ce qui dort en vous.
Aline Baridon est sexothérapeute et hypnothérapeute, 15 ans de pratique. Elle propose des programmes en ligne pour retrouver le désir depuis chez soi, en toute discrétion. Découvrir les programmes
